Tout l’enjeu du traitement en psychiatrie :  » Le roman du mariage « .

Il s’agit du portrait d’une génération qui a vingt ans en 1980, dans une université très sélective de la côte est des Etats-Unis. Madeleine, une jeune étudiante en littérature, issue de la bourgeoisie de Philadelphie, est très amoureuse de Léonard, étudiant à l’enfance malheureuse, très brillant en biologie.

Elle n’est toutefois pas insensible au charme de MitchelI, étudiant en théologie. L’intrigue qui pourrait sembler plutôt mince, est très habilement servie par un excellent jeu scénaristique et une écriture où chaque page vient étoffer la densité des personnages et leur vécu.

Mais à mes yeux, ce roman vaut également pour la description de la maladie bipolaire et de son traitement par le lithium.

La remise des diplômes

 » Leonard avait commencé par ne plus dormir….Au bout d’une semaine à ce rythme, Leonard était allé au centre médical, où un médecin habitué à voir des étudiants stressés à l’approche des partiels, lui avait prescrit des somnifères et lui avait recommandé d’arrêter le café….C’était à cette période que Leonard avait arrêté de prendre son lithium.  » P 160

La première hospitalisation

Madeleine cherchait quelque chose à dire, mais tout ce qui lui venait à l’esprit paraissait agressif.

Depuis quand es-tu ici ? Pourquoi tu ne m’as pas prévenue ? C’est vrai que tu as été diagnostiqué il y a trois ans ? Pourquoi tu ne m’as pas dit que tu étais sous traitement ? Mes colocs le savaient et pas moi ! P 185.

Quatre ans plus tôt

, quand le diagnostic de psychose maniaco-dépressive avait été officiellement posé au second semestre de sa première année de fac, il n’avait pas beaucoup réfléchi aux effets que le lithium avait sur lui.

Tout ce qui l’intéressait, c’était de retrouver une vie normale.

Ce diagnostic s’ajoutait à ces choses – comme le manque d’argent et l’éclatement de sa famille qui menaçaient d’empêcher Leonard d’avancer juste au moment où il commençait à avoir l’impression que le sort avait cessé de s’acharner contre lui.

…Les trois années qui suivirent , Leonard traita sa maladie comme une matière obligatoire un peu ennuyeuse, travaillant juste assez pour avoir la moyenne. P 334

L’élan maniaque

Les épisodes maniaques étaient tout aussi dangereux que les épisodes dépressifs. Au début, on se sentait euphorique. On était captivant, charmant : tout le monde vous aimait. On prenait des risques ridicules …

… On dépensait son année de bourse en cinq jours. C’était comme avoir une fête endiablée dans la tête, une fête dont on était l’hôte ivre qui refusait de laisser les gens partir.

…On était incapable d’arrêter de parler. Tout ce qu’on disait était génial. On avait toujours la meilleure idée de toutes. Descendons à New- York en voiture ! Ce soir ! P 355

La suite du roman dans le prochain billet !

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